2012/2/14
Notre rédaction a rencontre la diva de la musique Africaine, Aïcha Koné. De sa carrière musicale aux réalités sociales elle nous parle de la paix sans retenue. Kibarou.com : Où en êtes-vous présentement en matière de création musicale ? Aicha Koné : Je viens de finir un album qui doit paraitre en fin février. Nous sommes en train de le boucler. L’album est fin prêt, on attend seulement d’informer le public. Comment s’appelle cet album ? Kaïra, qui veut dire le bonheur. C’est quoi le bonheur ? Moi je crois que c’est d’abord la tranquillité morale, physique et vis-à-vis du voisin que nous cherchons. Je crois qu’il n’ya rien de plus précieux que la paix. Quand vous vivez paisiblement, c’est ça l’essentiel. Aïcha Koné effectue un séjour continuel en Guinée depuis un certain temps. Qu’est-ce qui explique ce prolongement ?
Cela n’a rien d’étrange. Tout le monde sait que chez moi, le pays a traverser une crise. Et moralement et même physiquement je n’étais pas bien. Alors j’ai trouvé bon de venir ici, à Conakry. Et ça va, je me sens pas dépaysé. Mais la Guinée n’est pas la Côte d’ivoire ? Oui mais entend qu’africaine, je ne me sens pas dépaysé. Quel conseil avez-vous à donner à la population Africaine en général par rapport à cette paix ?
Ecouter, c’est demander à tout un chacun de pouvoir vivre cette paix là en nous même et maintenant par rapport à son prochain. Je crois que c’est très important, ça commence en soi, autour de soi et puis l’environnement. La paix est une éducation qu’il faut pouvoir cultiver. Quelle innovation comptez-vous faire dans le domaine du show biz actuellement ?
Moi ce que je peux donner entend qu’artiste, ce qu’on écoute mes chansons et que je puisse apporter quelque chose d’important à l’humanité. Surtout chanter la paix chaque fois, je crois que c’est dans ça qu’on peut gagner. En ce qui me concerne, si j’ai quitté la Cote d’ivoire pour me retrouver ici, j’ai fuis la guerre. Donc il serait important pour tous guinéens et pour les artistes aussi de comprendre que c’est quelque chose de précieux aussi la guerre. Elle peut vous faire perdre tout en un instant et tant qu’on peut éviter la guerre, il faut le faire. Qu’est ce qui aurait marqué de plus la vie d’Aïcha Koné dans son parcours de grande artiste du monde ?
Ce qui aurait marqué ma vie c’est de voir une Afrique paisible. Une Afrique qui sait se donner la main, qui sait se prendre en charge et qui n’attend pas de dépendre forcement des autres. Parce que tant que les choses seront comme çà les ordres viendrons d’ailleurs, il sera difficile de dire que cette indépendance là elle est acquise. Je veux voir une Afrique libre, une Afrique qui sait se prendre en charge. Une Afrique où il ya moins de chômage ou on peut décider de nos valeurs, de nos ressources ou de ce que nous avons comme richesses et que nos enfants puissent en profiter. C’est vraiment douloureux de voir dans une Afrique qui dans laquelle après 50 ans d’indépendance il ya un chômage comme pas possible. Les réalités que nous vivons sont tristes. Et on espère pouvoir grandir comme les autres sur les plans moral et matériel pour nous en sortir, pour la prospérité.
Parlons-en de la CAN, qu’est-ce que cela signifie pour vous en voyant tous les états africains se retrouver pour une compétition de football ?
Je crois que c’est le plus gros bijou que la CAN peut nous offrir à l’humanité. Tous les regards sont fixés vers les deux pays qui sont le Gabon et la Guinée Equatoriale. Tout le monde, toutes les nationalités et toutes appartenances politiques confondues soutiennent les footballeurs et ça nous fait oublier. Mon souhait aurait été aujourd’hui au lieu qu’on parle de guerre entre deux pays, qu’on voit ces genres de compétitions, que ce soit sur les plans de la culture et des sports. Et le gagnant soi le méritant. Pour moi, c’est çà notre manière de faire la guerre plutôt que de prendre des armes. Je suis très contente pour la Cote d’ivoire, rire…. Je suis un peu triste pour la Guinée parce que je suis là et je me dois de prier aussi pour les guinéens. Mais chacun veut tirer la balle de son côté et c’est cela la compétition.
Est-ce qu’on peut parler de vous-même entend que femme. La maman, la sœur et l’épouse pourquoi pas ?
La femme d’aujourd’hui doit apprendre à se battre. On a dépassé l’époque où la femme qui reste seulement au foyer. Même au foyer, elle a son rôle à jouer. C’est une éducatrice. Mais malheureusement si tu parcours, la femme n’a pas son mot à dire dans la famille quand il ya des décisions à prendre. Je me dis que ça c’est révolu. Donc la femme ne dois pas accepter d’être sous estimée. On peut ne pas forcement être à l’école mais il ya des bonnes dames que nous voyons se défendre au niveau de leur commerce, dans l’agriculture. Dans tous les domaines, la femme peut se battre et s’imposer. Qu’elle ne se sous estime pas.
On a une fois entendu le président Dadis Camara chanter avec vous, qu’est-ce que cela vous a fait ce jour ?
Cela ma ému et puis ça fait toujours plaisir de savoir ce que nous faisons ne se limite pas à la population ou à ce qu’on appelle parfois le bas peuple, non ! Le président Lansana Conté la dit une fois, de ne pas se contenter seulement de danser quand les artistes chantent mais, écouter leur message, c’est important. Le président Dadis a safridonner ‘’Africa liberté’’, ça ma fait plaisir. Parce que c’est une chanson qui a été chanté par Franklin Boukaka du Congo dans les années 60, j’avais entre 4 et 5 ans. Quand j’ai entendu pour la première fois cette chanson et on m’a dis que c’est à cause de çà que ce Monsieur a été assassiné, j’ai cherché à savoir ce qu’il voulait dire. On entend souvent Africa liberté indépendance, mais cette chanson là de nos jours quand tu réfléchis et que tu regardes l’Afrique, est ce que vraiment on avance ? Les artistes ont souvent des prédications, ils lisent l’avenir. Et parfois ça dérange. Mais j’aurais souhaité qu’au lieu que ça dérange, qu’on accepte souvent les critiques pour voir comment est-ce qu’on peut s’améliorer. Franklin l’a chanté depuis combien d’années et moi j’ai repris cette chanson parce qu’aujourd’hui je peux dire qu’elle est d’actualité.
Et si vous allez donner un conseil au président de la république, le Pr Alpha Condé ?
Je lui souhaite bonne traversée. Qu’il est dans une barque où il peut parfois rencontrer des courants. J’aurais souhaité qu’il y ait un compromis entre lui et son peuple opposition y compris pour qu’on puisse vraiement trouver une solution qui est profitable à tous. C’est vrai quand quelqu’un prend le fauteuil présidentiel mais, nous nous devons aussi quand on est à la tête de vouloir écouter les autres et de voir comment on peut trouver ensemble une solution. Moi j’ai quitté mon pays pour être là, quand je vois des choses qui ne vont pas bien, parfois je tremble. Il faut donc pouvoir trouver une solution pour éviter le pire.
A quand le retour en Cote d’ivoire ? Je ne sais pas encore. C’est quand Dieu le décidera. Parce je n’aurais jamais pensé venir m’installé un jour quelque part. C’est arrivé. Je souhaite que les choses se normalisent comme je le souhaite pour que je puisse rentrer. Et je souhaite vraiement pour cette même paix ici en Guinée et partout en Afrique parce que moi je tourne partout en Afrique et quand ça va pas je ne vois pas quel est l’artiste qui viendra dans ce pays. Donc je ne peux que souhaiter la paix pour nos différents pays surtout pour la Guinée où j’habite aujourd’hui.
Je veux vous proposer la nationalité ?
Rire, de toutes les façons moi je suis une africaine. Merci, non c’est moi qui vous remercie.
Réalisée par Mamadou Oury Bah
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