
Cinq des neufs candidats au premier tour de la présidentielle qui s'est tenue ce dimanche 18 mars en Guinée Bissau demandent l'annulation du scrutin. Ces candidats le jugent entaché d'irrégularités, alors que des premières tendances officieuses donnent le candidat du parti au pouvoir, l'ancien Premier ministre Carlos Gomez Junior, en tête des résultats.
C'est l'ex-président Kumba Yala , aujourd’hui l'un des principaux opposants de Guinée Bissau qui s'est exprimé devant la presse ce mardi 20 mars. Au nom de quatre autres candidats, Koumba Yala a demandé l'annulation pure et simple du vote de dimanche, en raison des nombreuses irrégularités. Il s'est fait menaçant en estimant que celui qui va publier les résultats sera responsable de ce qui va arriver dans le pays.
Un peu auparavant, ces même partis d'opposition ont dénoncé des fraudes massives, des listes électorales occultes, de fausse cartes d'électeurs, doubles votes, bureau de vote fictifs. Dans un communiqué commun, ils affirment que ces fraudes ont été parfois commises avec la complicité des autorités administratives. Pour l'un de ces responsables politiques, ces élections ne sont donc ni transparentes, ni justes, ni crédibles.
Ces partis politiques accusent le gouvernement et la Commission nationale électorale d'avoir perpétré ces événements contraires à l'esprit d'une élection impartiale. Les cinq candidats de l'opposition entendent dénoncer ces fraudes devant la CNE et la communauté internationale.
De leur côté, les observateurs de la Cédéao de l'UA et de la communauté des pays de langue portugaise ont qualifié ce scrutin de « libre équitable et transparent ».
Des assassinats jamais élucidés
Deux logiques parallèles coexistent à Bissau. Une logique politique où les principaux partis s'affrontent durant les compétitions électorales, et une logique souterraine où les comptes se règlent à coup de fusil. En avril 2009, au lendemain de l'attentat qui a tué le chef d'état-major, le général Tagmé Na Wai, le président Nino Viera tombait sous les balles d'un groupe de militaires non identifiés.
Quelques mois plus tard, le ministre de l'Administration, Baciro Dabo, ainsi qu'un ancien ministre de la Défense Helder Proença, étaient tués par la sécurité, accusés tous deux de tentative de coup d'Etat. Le frère de Bassiro Dabo, Yaya Dabo trouve quant à lui la mort en décembre dernier, abattu par des policiers alors qu'il se rendait au ministère de l'Intérieur pour répondre à des accusations de complot.
A chaque fois, une enquête a été ouverte sans aboutir à la moindre mise en examen ou à la moindre arrestation. Une impunité qui n'a pas l'air de troubler outre mesure la communauté internationale que ce soit l'ancienne puissance coloniale portugaise, toujours prompt à commenter les affaires bissau-guinéennes, ou encore les Nations unies.
Au delà des condamnations de façade, les grandes puissances et les organisations internationales restent étrangement amorphes. Une situation d'autant plus étonnante que chacun s'alarme publiquement de la rapide transformation de la Guinée Bissau en un narco-Etat.
Source RFI
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